Dans les milieux de la pensée et de la culture, on s'inquiète à juste titre de la disparition progressive d'un arrière-fond culturel dans nos sociétés occidentales. Cela fait que dans le dialogue, quand on emploie les mêmes mots, l'un et l'autre des interlocuteurs ne leur donne pas le même sens. De plus en plus aujourd'hui chacun s'identifie au vocabulaire et aux modes du monde dans lequel il vit en ignorant la plupart du temps la racine des mots et leur origine.Si on faisait un petit sondage, dans les milieux sportifs par exemple, on trouverait certainement quelqu'un pour nous répondre que l'Ascension est pour lui le rappel de la montée de son équipe favorite en ligue supérieure...Devant cette situation, que faire ? Se lamenter, se désoler, regretter le "bon vieux temps" ? Surtout pas! Mais plutôt, comme le Christ, rejoindre le monde et ses préoccupations actuelles pour proposer une dimension nouvelle, une lecture autre de ce qui se vit dans le quotidien et qui aide à discerner les réalités que le Christ nous a fait connaître.Si Dieu s'incarnait aujourd'hui, il utiliserait certainement une parabole pour notre temps qui nous permettrait de mieux comprendre ce grand mystère de l'Ascension. La préface de la fête nous dit: "En entrant le premier dans le Royaume, il donne aux membres de son corps l'espérance de le rejoindre un jour." Nous retrouvons ici cette notion chère aux sportifs qui est celle de faire corps avec son équipe pour la porter vers la victoire.Pour comprendre la profonde communion qu'il y a entre le Christ et nous, pourquoi ne pas s'inspirer de cette expérience toute humaine? Les sifflets et les moqueries quand l'équipe n'apporte pas ce qu'on attend d'elle glacent le coeur des acteurs car ils sentent à la fois la rupture de la confiance avec ceux qui les aiment et en même temps la nécessité d'être soutenus pour être meilleurs.La fête de l'Ascension nous redit que le Christ veut faire corps avec ceux qui croient en lui pour les entraîner dans la gloire du Père. A nous d'être en harmonie avec notre tête pour être vraiment le corps du Christ, roi de gloire "devant qui s'émerveillent les anges".Chne Calixte Dubosson