Le mois prochain, se tiendra à Rome le Synode sur la famille. Créé par Paul VI, comme prolongement du Concile Vatican II, le Synode a été porteur, dès sa première assemblée (1967), de nombreux espoirs d’ouverture... qui ont été progressivement déçus. Rappelons le Synode de 1971 sur les prêtres, celui de 1980 consacré à la famille chrétienne et à ses tâches, celui de 1987 sur la vocation des laïcs, etc. Lors de ces Synodes successifs, à plusieurs reprises, j’ai entendu des remarques et des observations pertinentes d’évêques issus de différents pays s’exprimant dans l’assemblée, mais elles avaient disparu des documents finaux relatifs, confiés à la rédaction des papes.Le Synode de 2014 a été précédé d’une large consultation auprès des catholiques de la base. Beaucoup de sujets délicats ont été abordés, comme la préparation au mariage, le concubinage, l’avortement, les défis de l’éducation dans la famille, etc. De nombreuses réponses et observations, souvent très détaillées, ont été renvoyées à Rome. Elles constituent l’essentiel du document de travail qui servira à la discussion. Ce document constate avec réalisme que les textes du Magistère sur la famille « ne sont pas du tout connus des fidèles » ou apparaissent d’une approche difficile. « Même quand l’enseignement de l’Eglise sur le mariage et la famille est connu, beaucoup de chrétiens manifestent des difficultés à l’accepter intégralement », ce qui m’apparaît plutôt comme un signe de maturité. Il y a résistance à propos du contrôle des naissances, du divorce et du remariage, de l’homosexualité, du concubinage, de la fidélité, de la fécondation in vitro, etc.A côté de ces constats sans complaisance, le document prend en compte, par ailleurs, la diversité des cultures et des régions du monde. La polygamie, par exemple, est considérée comme « naturelle » dans certaines régions d’Afrique ou d’Océanie. Ou encore, en Amérique latine et en Asie, les mamans, souvent seules et pauvres, sont contraintes à déléguer l’éducation de leurs enfants au clan familial. On mesure combien les attentes vis-à-vis du rôle de l’Eglise sont grandes et diversifiées. La pastorale actuelle de l’Eglise n’est pas toujours - c’est un euphémisme - en mesure d’accompagner de façon appropriée ces douloureuses réalités familiales. La tâche du Synode ne sera donc pas simple : il devra orienter les esprits vers la « catholicité », c’est-à-dire la conscience d’une Eglise universelle, et promouvoir en même temps des solutions pastorales innovantes. La prise de position ouverte sur ce problème du cardinal Walter Kasper et le rappel de la doctrine en vigueur par le cardinal Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, laissent présager des débats musclés au sein de l’assemblée.
Joseph Hug sj
François-Xavier Amherdt, professeur de théologie pastorale à l’Université de Fribourg, développe dans l’édition de septembre de choisir (www.choisir.ch) la question des divorcés remariés. Il plaide en faveur d’options pastorales qui renoueraient avec la dimension de la miséricorde que l’Eglise primitive connaissait.