Vous savez sans
doute ce que sont les paparazzis; ces photographes qui essaient de réaliser des
clichés des rois et des reines dans toutes les monarchies du monde. L’Evangile
de ce dimanche nous invite à prendre l’image d’un roi, à la manière de
paparazzi. Ce roi c’est le Christ. Mais nous pouvons emporter deux images du
Christ-Roi.
La première de
ces images est un cliché médiocre, pris de loin, à la dérobée. C’est l’image
que gardent la plupart des protagonistes de ce passage d’Evangile. Ils ont une
image du Christ semblable à celle des rois que l’on peut trouver dans les
magazines people. Un roi que l’on regarde de loin. Un roi dont on admire la vie
hors du commun. Un roi que l’on envie, mais dont on se moque en même temps. Ils
«restent là et observent». Ils sont fascinés et ironiques: «il en a sauvé
d’autres: qu’il se sauve lui-même s’il est le Messie de Dieu, l’Élu!».
L’autre type d’image est arraché à l’improviste mais avec la complaisance du sujet. Cette image du Christ-Roi est celle que nous donne le bon larron. Lui, il ne reste pas à observer de loin. Il appelle le Christ par son nom: «Jésus». Il a compris que le Christ n’est pas roi en faisant quelques tours de passe-passe hors du commun qu’il faudrait capter au moment opportun.
Le bon larron
sait que le Christ est roi car il nous fait partager sa royauté. Et en
regardant le Christ, le bon larron accepte de se laisser transformer en roi. Ainsi,
lui, le malfaiteur, est capable, en cet ultime moment de son existence, de
rendre justice: «pour nous c’est juste, mais lui, il n’a rien fait de mal».
Comme un roi, le larron dit ce qui est juste et ce qui ne l’est pas; ou, plus
exactement, il reconnaît qui est le Juste.
"Le bon larron sait que le Christ est roi car il nous fait partager sa royauté."
Grâce à Jésus, il
confesse, dans un même mouvement, la faiblesse de l’homme et la seule loi qui
permette de juger. Non pas une loi écrite sur des tables de pierre, mais une
loi écrite par la vie du seul juste, le Christ. Ensuite, le bon larron fait
cette demande à Jésus: «souviens-toi de moi».
Habituellement,
ce sont les rois dont on maintient la mémoire. Ce sont les rois dont on se
souvient. Le bon larron formule donc une demande qui manifeste son désir de
devenir roi. Il sait que, grâce à Jésus, il ne tombera pas dans l’oubli. En
Jésus, il a trouvé quelqu’un qui se «souviendra de lui». En Jésus, il a
rencontré quelqu’un qui ne cherchera pas d’effacer de sa mémoire la vie de ce condamné
à mort. Il a trouvé quelqu’un qui se souviendra de lui car il l’aime.
Jésus est roi. Ne
regardons pas sa royauté de l’extérieur comme sur les pages glacées d’un
magazine. Regardons sa royauté à l’œuvre dans nos vies. Acceptons de devenir
rois à notre tour. Non pour assouvir un ridicule désir de pouvoir, mais pour
découvrir toute la dignité de notre humanité: capable de dire qui est le juste,
susceptible de rester dans une mémoire, celle de Dieu, pour l’éternité. Ayons
l’humilité du bon larron, l’humilité d’accepter d’être des rois avec le Christ.
Jacques-Benoît
Rauscher | Vendredi 22 novembre 2019
Lc
23, 35-43
En ce temps-là,
on venait de crucifier Jésus,
et le peuple restait
là à observer.
Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :
« Il en a sauvé d’autres :
qu’il se sauve lui-même,
s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui ;
s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,
en disant :
« Si tu es le roi des Juifs,
sauve-toi toi-même ! »
Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :
« Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus en croix
l’injuriait :
« N’es-tu pas le Christ ?
Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
Mais l’autre lui fit de vifs reproches :
« Tu ne crains donc pas Dieu !
Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c’est juste :
après ce que nous avons fait,
nous avons ce que nous méritons.
Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
Et il disait :
« Jésus, souviens-toi de moi
quand tu viendras dans ton Royaume. »
Jésus lui déclara :
« Amen, je te le dis :
aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »