Il n’y a pas que
les virus à semer la panique. Chaque chrétien est menacé, un jour ou l’autre, de
découragement, assailli même par le doute: est-ce que tout cela est vraiment vrai?
est-ce que Jésus est bien l’Envoyé du Père?
En fin pédagogue,
Jésus sachant de quelle pâte nous sommes faits, a tenu à préparer ses disciples
à l’épreuve que représentent pour eux et pour tout croyant, sa Passion
terrible, son agonie, son supplice et sa mort infâmante sur la croix. Et c’est
pourquoi, au deuxième dimanche de Carême, au cours de notre montée vers Pâques,
l’Eglise nous propose l’Evangile de la transfiguration. Avec un autre accent
que lors de la fête de la transfiguration, le 6 août, qui insistera davantage
sur notre destinée glorieuse. Aujourd’hui, le Christ emmène Pierre, Jacques et
Jean sur une haute montagne et là, il est transfiguré devant eux.
Pourquoi ces
trois-là? Parce que ce sont les plus proches, parce qu’ils seront bientôt
associés à son agonie à Gethsémani. Etre proche de Jésus n’exonère pas de toute
question, de tout assaut du Mauvais. Ceux qui partageront bientôt le sort de
Jésus, pas tout de suite la croix, mais bientôt moqueries, voire persécutions,
doivent être armés pour ce combat.
"La transfiguration représente ce moment fort et indispensable au cours duquel Dieu a bien voulu faire aux disciples un don précieux."
Et c’est pourquoi
Jésus les emmène sur une haute montagne. Cette montagne est toute symbolique:
elle évoque le lieu où Dieu s’est révélé à Moïse, et ici elle dit à la fois
prise de distance par rapport au quotidien et élévation pour se laisser
toucher, éclairer par Dieu. La transfiguration représente ce moment fort et indispensable
au cours duquel Dieu a bien voulu faire aux disciples un don précieux: le don
de voir en lui non seulement son humanité bientôt humiliée et défigurée par le
supplice, mais bien l’irradiation de sa divinité.
Don aussi de
l’illumination de leur intelligence: Moïse et Elie, c’est-à-dire la Loi et les
prophètes rendent témoignage à Jésus. C’est en résumé la clé des Ecritures et
du dessein de Dieu. La Loi en laquelle se résume la sagesse de Dieu pour les
hommes et les prophètes qui en sont l’inscription au long des âges, surtout en
cas de léthargie ou de trahison de la part des croyants.
Et c’est sur la
montagne que cette expérience a lieu pour eux comme pour nous. Temps fort
précieux et indispensable pour qu’ensuite, pris dans le feu de l’épreuve, ils
s’en souviennent et nous nous en souvenions. Moments lumineux de la prière, de
la contemplation (ça arrive parfois… mais pas chaque jour) où Dieu fait germer
en nous le courage, la résilience comme on aime à dire aujourd’hui, la capacité
de durer, d’encaisser, de rester croyants, envers et contre tout. Est-il besoin
d’insister? c’est exactement encore ce dont nous avons besoin…
Jean-Michel Poffet
| Vendredi 6 mars 2020
Mt 17, 1-9
En ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face
contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne,
Jésus leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »