L’évangile de ce
dimanche s’ouvre sur la première prédication de Jésus: «Convertissez-vous, car
le royaume des Cieux est tout proche». Cette dernière est tout à fait dans la
ligne de celle de Jean le Baptiste. Mais ici, nous ne sommes plus dans le
désert.
C’est une
prédication de plein vent, si l’on peut dire, au carrefour des nations.
N’est-ce pas l’idéal pour se faire entendre? Alors que la voix de Jean s’est
tue, ou plutôt, qu’on l’ait fait taire, voici qu’une autre se lève, puissante
et efficace. Donc plus opérante que la précédente.
Ce sera une
constante dans l’Eglise: en voulant bâillonner un prédicateur, en l’envoyant en
exil ou en le supprimant, sa doctrine se répand d’autant plus vite, portée par
d’autres qui se lèvent. C’est vrai depuis la plus haute antiquité avec la mort
d’Etienne ou plus près de nous avec les martyrs de Tibhirine, par exemple.
Mais il ne s’agit
pas ici d’un simple passage de témoin, passant d’un prophète à un autre. Non,
en Jésus, il y a infiniment plus. D’ailleurs la citation d’Isaïe est là pour
nous le rappeler. «Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la
mort, une lumière s’est levée». Ce n’est pas anodin, car cette formule était
employée pour l’intronisation d’un nouveau roi.
"Le temps de se convertir est arrivé, car avec le Messie, le Royaume n’a jamais été si proche d’arriver".
Son avènement était
la promesse d’une ère nouvelle. En l’appliquant à Jésus, Matthieu nous dit donc
que le vrai roi est venu chez nous et que la lumière véritable vient illuminer
le monde, non seulement Israël, mais bien l’humanité tout entière.
Donc avec cette
venue de Jésus en Galilée Matthieu nous dit en fait deux choses. Premièrement
que la venue du Christ se fait sous fond de persécution et deuxièmement que la
victoire finale sur le mal est également assurée en preuve, les guérisons
opérées en nombre. C’est pourquoi le temps de se convertir est arrivé, car avec
le Messie, le Royaume n’a jamais été si proche d’arriver.
L’Eglise naît ici,
au bord de ce lac où le vent apporte, avec un goût de sel, la saveur des
départs toutes amarres larguées.
Oui, nous sommes
dans la continuité de la prédication de Jean, mais il y a tellement plus: le
salut est à notre porte, saurons-nous l’entendre en ce dimanche consacré à la
Parole de Dieu?
Sœur Marie-Paule |
Vendredi 24 janvier 2020
Mt 4, 12-23
Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste,
il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth
et vint habiter à Capharnaüm,
ville située au bord de la mer de Galilée,
dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
C’était pour que soit accomplie
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
route de la mer et pays au-delà du Jourdain,
Galilée des nations !
Le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort,
une lumière s’est levée.
À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer :
« Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. »
Comme il marchait le long de la mer de Galilée,
il vit deux frères,
Simon, appelé Pierre,
et son frère André,
qui jetaient leurs filets dans la mer ;
car c’étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit :
« Venez à ma suite,
et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
De là, il avança et il vit deux autres frères,
Jacques, fils de Zébédée,
et son frère Jean,
qui étaient dans la barque avec leur père,
en train de réparer leurs filets.
Il les appela.
Aussitôt, laissant la barque et leur père,
ils le suivirent.
Jésus parcourait toute la Galilée ;
il enseignait dans leurs synagogues,
proclamait l’Évangile du Royaume,
guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.