115 cardinaux vont entrer à la chapelle Sixtine, demain. 115 hommes déterminés. Il faut un pape à l’Eglise. Les cardinaux le savent, ils y sont préparés. Avoir la responsabilité de désigner le souverain pontife attendu par les catholiques du monde entier est une charge dont tous connaissent les difficultés.
L’expérience d’un Conclave marque une vie. Un des 115 va entrer en rouge et sortira en blanc. Le changement d’habit ne sera que la marque d’un changement plus important. Le nom du cardinal Martini, papabile décédé l’été dernier, avait ravi des blagueurs qui voyaient le Martini rouge se transformer en Martini blanc. Ce ne fut pas le cas. Blague à part, devenir le «Serviteur des serviteurs de Dieu» fait reposer un poids considérable sur les épaules du nouvel évêque de Rome. Benoît XVI l’avait ressenti et exprimé.
Mais, du rouge au blanc, le changement n’est pas de couleur. Il est intérieur, il est profond. L’homme qui apparaîtra au balcon de la basilique Saint-Pierre ne sera pas simplement le cardinal X ou Y. Il sera celui vers lequel tous les regards vont converger. Témoin du Christ à sa manière. Témoin aussi de la confiance des hommes en rouge. Et plus que le nouvel habit, le blanc de la page ouverte apparaît vertigineux.Bernard Litzler