La Congrégation pour le Clergé vient de publier une nouvelle édition du «Directoire pour la vie et le ministère des prêtres». Comme l’indique le site Internet de la Congrégation (cf. ci-dessous), la tendance à la sécularisation a pris une telle ampleur aux cours de ces dernières décennies, que le magistère se doit d’adopter une position claire.Le document aborde la formation et la vie spirituelle des prêtres, le rappel de la «ferme volonté de maintenir la loi qui exige le célibat perpétuel librement choisi pour les candidats à l’ordination sacerdotale dans le rite latin» (cf. P. 117), mais aussi des aspects très concrets, comme l’obéissance ou l’importance, de l’habit ecclésiastique.
Il faut noter aussi que le cardinal Jorge Mario Bergoglio, avant son élection comme Évêque de Rome, était membre de la Congrégation pour le Clergé. Il a donc été consulté pour la rédaction et la publication de ce document. Approuvé par le Souverain Pontife le 14 janvier, le document a été publié le 11 février 2013, il est disponible en version PDF en haut à droite de ce post.
Abbé Philippe AYMON
"Dans une société sécularisée et qui tend au matérialisme, où les signes extérieurs des réalités sacrées et surnaturelles s’estompent souvent, on ressent, particulièrement au-jourd’hui, la nécessité pour le prêtre – homme de Dieu, dis-pensateur de ses mystères – d’être reconnaissable par la com-munauté, également grâce à l’habit qu’il porte, signe sans équivoque de son dévouement et de son identité de détenteur d’un ministère public" (P. 87).
Présentation de la nouvelle édition
"Le phénomène de la “sécularisation” autrement dit, la tendance à vivre dans une projection horizontale, en ignorant ou en neutralisant la dimension transcendante de l’existence tout en acceptant volontiers le discours religieux, concerne tous les baptisés. Ce phénomène a pris tellement d’ampleur au cours des dernières décennies qu’il a obligé ceux qui, par mandat di-vin, ont pour tâche de guider l’Église, à adopter une position claire. Une de ces répercussions est l’éloignement de la pratique religieuse accompagné d’un refus – parfois conscient, parfois induit par des habitudes imposées sournoisement par une culture décidée à déchristianiser la société civile – tant du déposta fidei tel qu’il est authentiquement enseigné par le Magistère catholique, que de l’autorité et du rôle des ministres sacrés appelés par le Christ (Mc 3, 13-19) à coopérer à son dessein salvifique et à conduire les hommes à l’obéissance de la foi (Sir 48, 10 ; He 4, 1-11 ; Catéchisme de l’Église Catholique, n. 144ss.)
D’où l’engagement particulièrement déployé par Benoît XVI, dès le tout début de son pontificat, à revaloriser la doctrine catholique comme une présentation cohérente de la sagesse révélée authen-tiquement par Dieu et qui a trouvé dans le Christ son accom-plissement, doctrine dont la valeur véridique est à la portée de l’intelligence de tous les hommes (CCC, n. 27ss.).
S’il est vrai que l’Église existe, vit et se perpétue dans le temps dans sa mission évangélisatrice (cf. CONC. ŒCUM. VAT. II, Décret Ad Gentes), il apparaît clairement que l’effet le plus délétère de cette sécularisation déferlante est la crise du ministère sacerdotal. Celle-ci se manifeste d’une part, par une dimi-nution sensible des vocations et, de l’autre, par la diffusion à la fois d’une perte du sens du caractère surnaturel de la mission sacerdotale et par la propagation de formes inauthentiques qui souvent, dans leurs manifestations extrêmes, ont créé des situa-tions de grandes souffrances. C’est pour cette raison que la réflexion sur le futur du sacerdoce coïncide avec le futur de l’évangélisation et par conséquent, avec le futur de l’Église elle-même. (Source)