Matthieu 22, 34-40En ce dimanche d’élections fédérales, restera-t-il quelqu’intérêt pour notre page méditation qui risque fort d’être emportée comme une feuille morte par le torrent impétueux de la grande offensive ou lessive électorale? Tant pis, je vais m’y risquer quand même car une feuille morte c’est quand même un peu de couleur sur des eaux pas toujours limpides.Touchante cette remarque d’un candidat lors d’un débat étonnamment paisible: «Qu’est-ce que vous voulez, je suis, comme vous tous ici je pense, pour l’amitié et l’amour. Mais comment vivre cela concrètement et le faire vivre autour de nous?» Nous ne sommes pas loin de la question des pharisiens à Jésus: «Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement?» La réponse contraste avec les innombrables palabres de ces dernières semaines. Elle est sobre, claire et précise: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et ton prochain comme toi-même.» La nouveauté qu’apporte le Christ c’est qu’il rapproche ces deux commandements en leur donnant la même importance.Je suis certainement un grand naïf en croyant que l’action politique est au service de ce bel idéal de fraternité humaine mais je trouve que Dieu est étrangement absent des débats. Comme une chose intime que l’on cache par pudeur ou par peur d’être ringard, comme un objet désuet plutôt encombrant que l’on a jeté pour ne parler que de l’homme.Ce dimanche, c’est aussi celui de la Mission universelle. Il est bon de se rappeler que si les apôtres s’étaient tus, si les missionnaires étaient restés chez eux, qui saurait aujourd’hui qu’il est aimé de Dieu et que la plus grande joie au monde c’est d’essayer d’aimer comme lui? Alors j’ose une suggestion politique pour nos futurs élus: prier dix minutes seul ou en famille avant chaque décision parlementaire ou autres interventions, ne serait-ce pas un moyen de rendre la Suisse, le monde, plus convivial, plus solidaire?Chne Calixte Dubosson