Quel souffle dans Laudato si du pape François! Combien de personnalités sont capables de cette hauteur de vue, de ce regard lucide, de cette analyse transversale et documentée sur notre monde? Longue et charpentée, l’encyclique publiée ce 18 juin se lit aisément. Le propos est clair, les arguments irréfutables.Voir évoquées, dans un texte romain, la vie des insectes et des crabes, mais aussi nos attitudes quotidiennes (éteindre les lumières inutiles), ce n’est pas courant. Mais avec le pape actuel, qui sait habiller de mots simples des réalités complexes, tout devient limpide.Dans l’encyclique, distribution de «claques»: claques à nos comportements irresponsables, aux négationnistes du changement climatique, au monde digital qui nous éloigne de la sagesse, à «la soumission de la politique à la technologie et aux finances», à la «culture du déchet». Mais François milite aussi pour un réveil de l’humain, au centre de la création. Son plaidoyer pour une conversion écologique et un «style de vie prophétique» fait mouche. Car la sobriété se conjugue avec la sagesse et la capacité d’aimer.«Tout n’est pas perdu», écrit le pape. Même si «les gens ne semblent plus croire en un avenir heureux», la crise écologique n’est pas insurmontable. Et la foi peut éclairer le devenir de la planète. Face à l’homme moderne, désabusé et prédateur, le pape François oppose la sobriété heureuse à partager dans notre maison commune, la Terre. Car le progrès n’est pas toujours synonyme d’avancée pour l’humanité.Un homme de 78 ans, habité du sens de sa mission, plante un arbre pour les générations futures. Laudato si est un texte majeur, déjà. Son souffle franciscain fait un sacré bien…