Hier matin, nous célébrions avec joie nos frères aînés qui ont atteint le bonheur en Dieu. Aujourd’hui l’Eglise nous invite à nous souvenir de ceux qui ont déjà passé la mort, nous souvenir de ceux qui poursuivent encore leur route vers la plénitude de ce bonheur, celles et ceux qui sont morts mais pas encore dans la pleine vision de Dieu.Si la fête de la Toussaint est toute rayonnante de joie, la commémoration d'aujourd'hui se veut plus recueillie. Nous prions pour ceux qui achèvent leur purification dans le Feu de la Charité divine.Vous le savez bien, IL N’Y A QU’UN SEUL FEU de même qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Un seul feu qui éclaire et réchauffe au Ciel, un seul feu qui purifie au purgatoire et enfin un seul feu qui brûle en enfer. Toujours le même feu, l’image de l’amour de Dieu!CE N’EST PAS LE FEU QUI CHANGE, MAIS NOTRE DISPOSITION FACE A CE FEU. Soit nous lui sommes tout soumis, tout ordonnés, c’est alors le Ciel. Soit nous lui sommes partiellement unis, en voie de purification, c’est le Purgatoire. Soit nous lui sommes étrangers, nous refusons librement Dieu, alors c’est l’Enfer.Dieu est donc toujours fidèle à lui-même. Nous, au contraire, NOUS AVONS TOUJOURS LE CHOIX, par nos actes, de nous éloigner ou de nous approcher de lui. Maintenant et jusqu’à l’heure de notre mort, nous pouvons librement choisir!Ainsi notre choix a du poids. Il est un acte de la volonté libre. Nous sommes vraiment libres de choisir Dieu ou de le refuser.Et vous le pressentez bien, pour PARAITRE DEVANT DIEU, il faut être «tout beau et tout propre». Un peu à la manière dont l’époux aime à se tenir tout beau et tout propre devant sa bien-aimée. Il faut être ajusté à Dieu pour paraître devant sa face. Voilà pourquoi certains doivent encore se purifier un peu avant de pouvoir se tenir face à Lui. Car bien des fois il est bon de se doucher, de se laver, de se purifier, avant de rejoindre l’être aimé.D’AILLEURS QUI OSERAIT AFFIRMER QU’IL EST DIGNE, EN L’ETAT, DE PARAITRE DEVANT DIEU!Aujourd’hui, on dit tous un peu trop vite et trop facilement «on ira tous au paradis». Oui, il est vrai que nous l’espérons et nous le souhaitons pour chacun.Mais il en dépend justement de la liberté de chacun! Il en dépend de la foi et des actes. Et si l'on peut juger les actes, l'on ne doit pas juger les personnes. La tradition de l’Eglise reste logiquement très prudente: on ne sait pas qui est au paradis.Il paraît de bon sens d’affirmer que le purgatoire est certainement le lot commun de la majorité de ceux qui ont choisi Dieu. Le pape disait: «J’encourage donc les catholiques à prier avec ferveur pour les défunts, pour ceux de leurs familles et pour tous nos frères et sœurs qui sont morts, afin qu’ils obtiennent la rémission des peines dues à leurs péchés et qu’ils entendent l’appel du Seigneur à entrer dans la plénitude de sa gloire.»Entendez comme c’est beau! L’espérance chrétienne n’est jamais uniquement individuelle, elle est toujours aussi une espérance pour les autres. Nos existences sont profondément liées les unes aux autres, aussi bien dans le bien que dans le mal. Chaque fois que nous faisons quelque chose, nous touchons aussi les autres. Toute âme qui s’élève, élève le monde. Et de même dans le mal, il y a comme une solidarité obscure.Ainsi, et c’est là le nœud, la prière d’une âme en pèlerinage dans le monde peut aider une autre âme qui se purifie après la mort.Voilà pourquoi l’Eglise nous invite à prier pour nos chers défunts et à faire une halte près de leur tombe dans les cimetières.Voilà pourquoi, je vous invite, très concrètement à prier pour les défunts de vos familles, à faire dire des messes pour eux.Je vous invite à vous rassembler pour honorer leur mémoire et les confier à Dieu dans l’attente de nous retrouver tous, un jour, quand l’amour de Dieu aura définitivement triomphé de la mort.Père Jérôme Jean