Mauvaise passe sur la colline, du point de vue scolaire! La fin de l’année approche et les finances de l’école se portent mal. Avant le début des examens, les proclamations et surtout avant la débandade générale des vacances, il faut mettre de l’ordre dans les finances. C’est ainsi que tous les élèves qui ont des dettes (taxes scolaires - plus ou moins officielles - non payées) sont chassés des classes sans trop de sentiment, charge à eux de revenir avec les billets demandés.Dans la journée, des élèves et des parents se présentent déconfits et déguenillés à notre porte, nous réclamant de l’argent ou des tâches ou de l’avance sur le salaire d’éventuelles tâches ou les trois à la fois, d’un air suppliant. Car ils doivent bien sûr payer demain matin sinon le monde s’écroule. Et personne n’avait pensé à ces échéances, alors que toutes les années c’est la même chose.Personnellement, je me cache le plus habilement possible, car cette situation me fend le cœur...Seul mon ami Lukengu (en bleu sur la photo!), mon génial professeur de tamtam de 4e primaire, a réussi à me faire rire dans ce contexte déprimant. Sur la route, je le rencontre à une heure où il devrait être à l’école. Mais comme il n’aime pas la classe et préfère aller braconner des rats dans la brousse, il utilise tous les moyens pour se faire chasser de l’école, alors que maîtres et directeur savent que j’assume le financement de sa scolarité.Pourquoi donc n’est-il pas en classe? Je sèche. Et je le renvoie en direction de l’école avec quelques coups de pieds bottés.Le soir je rencontre le directeur de l’école et demande des explications. Il paraîtrait que lorsque le maître de la classe a chassé les endettés, Lukengu (qui n’était pas concerné) a filé en douce au milieu des émigrés, sans que l’instituteur ait eu le temps de s’apercevoir de quelque chose.J’ai encore du boulot pour améliorer la situation scolaire de cette colline et surtout les mentalités de tous à propos de la nécessité de l’instruction publique.