Charles Morerod, nouvel évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Charles comment? Son nom est plus connu dans le domaine du ski (Lise-Marie, championne des années 1970) que dans l’Eglise catholique. Même les prêtres diocésains ont peu eu l’occasion de faire connaissance avec leur nouveau père-évêque. Bullois, 50 ans, professeur de théologie à Rome… Un Suisse exilé depuis quelques années dans la Ville éternelle. Un homme qu’on voyait déjà, comme d’autres Helvètes, faire carrière dans l’entourage du pape. Un compatriote plus aisé à croiser à Londres, à Moscou ou avec les lefebvristes qu’à Fribourg. En effet, le futur prélat est chargé, au nom du pape, du dialogue avec les anglicans, avec les orthodoxes et avec la Fraternité Saint Pie X. Mais il n’oublie pas ses origines et il n’est pas rare de le croiser à Bulle ou en train d’animer, à Pâques, un camp de jeunes dans le Jura pastoral.
Un homme aux multiples talents, assurément. Toutefois, il ne suffit pas d’arriver avec une bonne réputation pour devenir un bon évêque. Car les attentes envers le successeur de Bernard Genoud sont nombreuses. Et la longue attente (408 jours!) n’a fait qu’exacerber la pression qui s’exercera sur Charles Morerod. Les défis qui l’attendent sont énormes: restructuration du diocèse, engagement des laïcs (plus nombreux que les prêtres en situation de responsabilité pastorale), présence du christianisme dans une société en mutation, capacité à intervenir judicieusement dans les débats publics, intégration au sein de la Conférence des évêques suisses.
Une chose est certaine: Rome nous fait un beau cadeau en nommant un théologien de cette envergure. Il a la jeunesse, l’envergure intellectuelle, le sens de l’humain. Saurons nous apprécier cette chance? Merci aussi à l’ordre dominicain qui a accepté de libérer une de ses forces montantes pour un diocèse lourd. C’est une des richesses de l’Eglise catholique que de savoir nommer des personnalités hors normes. Nous en avons besoin. Et le monde a besoin de témoins, vivants, rayonnants, vibrants d’une foi profonde. Espérons que, dans quelque temps, la question «Charles qui?» deviendra caduque.
Bernard Litzler
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