Dimanche 10 mars. Jour J-2. La basilique Saint-Pierre accueille ses habituels curieux, dans une ambiance bon enfant. Mais tous attendent. Ambiance encore plus nette à la salle de presse du Vatican. Les premiers journalistes sont présents, guettant, observant, échangeant leurs informations. Plus de 4000 professionnels seront sur place à partir du 12 mars. Alors qui? Les S ont la cote: Scola, Schönborn, Scherer? Ou un autre… Nul ne sait. L’Esprit saint n’a pas de ligne directe avec la presse. Et les esprits sains se gardent d’avancer des certitudes trop carrées. Plus que 48 heures jusqu’à mardi, jour de l’ouverture du Conclave qui va désigner le 265e successeur de Pierre, soit le 266e pape de l’Eglise catholique romaine.
Tous ont conscience de la gravité de l’heure et des attentes des catholiques du monde entier. Les cardinaux électeurs connaissent leur responsabilité. «Un cardinal passe souvent inaperçu dans la vie courante. Mais au moment d’entrer dans la chapelle Sixtine, il prend conscience de la gravité de son rôle», confiait le cardinal Roberto Tucci, ancien organisateur des voyages de Jean Paul II, désormais non électeur.
Autre règle de l’élection: ceux qui savent ne parlent pas et ceux qui parlent ne savent pas. Le travail journalistique se confond donc en conjectures jusqu’à l’«Habemus papam». Mais il est difficile de faire silence. Surtout quand on fait le métier de parler ou d’écrire.Bernard Litzler