Ça bouge à Rome: ce n’est pas un scoop, mais une évidence. Ça bouge grâce au pape François. Quel savoureux visage de l’Evangiles en action que celui donné actuellement au plus haut niveau de l’Eglise? Ça bouge et ça va continuer de bouger, tant l’élan donné depuis le 13 mars semble immense. Immense et porteur. Immense et engageant. Immense et dérangeant.
Mais il est des dérangements bénéfiques. Il est des vents portants. Des nouveautés qui ont valeur de symbole. Un pape qui ne vit pas dans ses «appartements» officiels, qui revendique sa liberté, qui téléphone à différentes personnes de tous âges, qui roule en R4 Renault, qui donne une interview à une revue jésuite, qui se sent pasteur du monde plutôt que cadre du Vatican, qui conteste le carriérisme ecclésial, ça fait du bien, Dieu merci!
Avec François, ça bouge. Et nous avec lui. Combien de réflexes d’Eglise frileuse ou hautaine paraissent soudain d’un autre âge. Combien nos peurs de témoigner fondent devant la vigueur d’un homme qui a un poumon de moins, mais le cœur gros. Et l’énergie chevillée au corps.
Ça bouge aussi en Suisse. Le dernier livre de Mgr Martin Werlen, abbé d’Einsiedeln, secoue. Son titre: «Découvrir ensemble la braise sous la cendre». Un bouquin à lire! Il vient de paraître chez Bayard Editions. Car le moine bénédictin veut «encourager les personnes engagées au sein de l’Eglise à chercher ensemble, en dépit de la tentation du désespoir, la braise sous la cendre, afin que le feu recommence à brûler»,
Les idées de Mgr Werlen font avancer. Ils donnent droit de cité à des représentations novatrices, dans la droite lignée de saint Benoît. La vie monastique est féconde de ces interpellations énergiques. Et ceux qui bougent – loin du cliché conservateurs ou progressistes – sont stimulés.
Pourvu que ça dure! Le vent de l’Esprit, fécond au moment du Concile il y a cinquante ans, insuffle des énergies nouvelles.Bernard Litzler