Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • La décision de la Cour suprême d'abroger la jurisprudence Roe & Wade a accru les clivages de l'Amérique
    La décision de la Cour suprême d'abroger la jurisprudence Roe & Wade a accru les clivages de l'Amérique - AP Photo/Rogelio V. Solis/Keystone

    Blog Avortement, sortir de l’obsession législative

    Pro-life qui rient, pro-choice qui pleurent. La décision de la Cour suprême étatsunienne, qui laisse chaque État libre de décider d’interdire ou non l’interruption de grossesse, fait couler beaucoup de salive et d’encre ces jours. Je suis professeur d’éthique chrétienne, convaincu que toute vie créée par Dieu est infiniment respectable, je devrais donc m’en réjouir et pourtant cette nouvelle m’attriste.

    Au niveau purement pragmatique quels résultats va avoir cette décision? Certains États vont s’empresser de modifier de manière restrictive leur législation et leurs stratégies punitives. Il y a fort à parier que ce seront ceux qui soutiennent la peine de mort, qui sont fiers de l’augmentation des ventes d’armes à feu et qui ont voté pour Donald Trump. Ceci accentue encore mon malaise.

    Les avortements vont-ils diminuer? Probablement pas d’une manière globale, même si cela pourra être le cas ponctuellement et dans des situations particulières. In fine, cela ne fera que rendre le tragique encore plus tragique pour celles qui ont de toute façon décidé de le faire.

    Surtout, on va radicaliser l’opposition haineuse et obtuse des partisans du droit à la vie du fœtus et de ceux qui ne voient que le droit des femmes à faire respecter. On va accentuer la fracture et les dresser encore un peu plus les uns contre les autres. Ce ne sont sûrement pas de bonnes conditions pour construire une politique sociale qui se soucie du bien commun.

    «L’Église devrait plus se préoccuper de morale que de droit»

    Dans l’Amérique du XVIe siècle, à Saint-Domingue, les conquistadores ont exploité les indigènes avec une telle violence que, choqué, le Frère Pedro de Cordoba, provincial des dominicains, écrivait au roi d’Espagne: «De nombreuses femmes enceintes ont pris des mesures pour éliminer, et ont éliminé leur enfant. D'autres, après l'accouchement, ont de leurs mains tué leur progéniture, pour ne pas la mettre ni la laisser dans une servitude aussi dure.» Que fallait-il faire à l’époque? Durcir les lois antiavortements? Cela n’aurait eu aucun effet, car les enfants mouraient non par la pure volonté de leurs mères, mais parce que celles-ci étaient sous la pression d’un système mortifère. C’est ce qu’avait compris le dominicain qui, ici, dénonçait plus l’exploitation des Indiens que l’infanticide.

    L’Église fait fausse route en considérant que le principal combat à mener est un combat législatif. Elle devrait plus se préoccuper de morale que de droit. Or, un des plus grands dangers que court la morale c’est d’être réduite à la loi.

    «C’est cela que l’Église doit montrer, comment elle aime, comment concrètement elle célèbre et sert la vie»

    Appliquant servilement cette dernière, on s’en satisfait. Mais saint Paul déjà montrait comment la confiance en la lettre de la loi est dangereuse si celle-ci est prise comme seul critère de moralité. Elle donne une consigne, ne pas avorter, qui lorsqu’elle est respectée fonctionne comme un oreiller de paresse, donne bonne conscience et empêche la recherche jamais terminée de l’humanisation créative de chaque situation singulière. Je n’aurai peut-être pas tué, mais aurais-je assez aimé?

    C’est cela que l’Église doit montrer, comment elle aime, comment concrètement elle célèbre et sert la vie, comment elle travaille l’espace socioculturel pour que celle-ci n’en arrive plus à être considérée comme malvenue à cause de situations de violence, de difficultés économiques, de marginalisation, de solitude, mais aussi à cause de notre propension à tout contrôler et ne pas nous laisser surprendre par elle. Montrer comment, au lieu de mettre prison les femmes marquées par le tragique de l’avortement, elle sait faire preuve d’un regard de compréhension et de compassion.

    La morale, disent depuis fort longtemps les philosophes, c’est la recherche de la vie bonne, de la vie épanouie, fleurie, éclatante et joyeuse. Le concile Vatican II s’en inspire quand il dit que le premier devoir moral des chrétiens c’est de «porter du fruit dans la charité pour la vie du monde». Ce sont ces fruits vivifiants que nous devrions inlassablement montrer plutôt que de souffler sur les braises de la guerre pro-life-pro-choice.

    Thierry Collaud

    29 juin 2022

     « Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais,
et elles me suivent.

    Évangile du dimanche Évangile de dimanche: Prière de passer par la Porte...

    «Je suis la porte des brebis». C’est étonnant de se désigner soi-même comme une porte, non? Et de le faire solennellement : «Amen, amen, je vous le dis: je suis la porte des brebis». Oui, c’est curieux, mais surtout, c’est heureux !

    La firme Anthropic a refusé que le Pentagone utilise sans restriction les programmes développés par elle

    Blog Comment l’Église catholique monte au filet sur l’intelligence artificielle

    Au milieu du tumulte causé ces semaines dernières par l’administration Trump à l’endroit de Léon XIV, une information à bas bruit est passée plutôt inaperçue. En mars de cette année, aux États-Unis, la firme technologique Anthropic, spécialisée dans l’intelligence artificielle, et créatrice de l’age...

    Michel Danthe Michel Danthe 22/04/2026
    Le souper à Emmaüs. Michelangelo Merisi dit Caravage. Huille sur toile. 1605-1606.

    Évangile du dimanche Évangile de dimanche: Il fallait la mort...

    Sur la route d’Emmaüs, Cléophas et son ami sont incapables de reconnaître le Ressuscité dans le voyageur qui chemine avec eux. Tous les indices de la résurrection sont pourtant réunis, ils en conviennent.

    Pierre Emonet Pierre Emonet 17/04/2026
    Christ ressuscité avec les apôtres. Fresque dans le cloître de Santa Maria Novella à Florence

    Évangile du dimanche Évangile de dimanche: Paix et Pardon, plus forts que la mort!

    Désarçonnés, les disciples ont besoin de se rassembler pour comprendre ce qui est arrivé. Ils se retrouvent donc ce soir-là, toutes portes verrouillées… Et là, Jésus vient… et se tient au milieu des disciples enfermés. Comment pourraient-ils croire qu’il est ressuscité ?

    Blog L’infini se cache ici-bas

    Ce matin, en regardant la vapeur s’élever de ma tasse de thé, j’ai pensé à vous, lectrices et lecteurs de ce site cath.ch. À nous. À ces instants, si banals, où l’éternité semble se glisser dans notre quotidien sans que nous n’en prenions garde. Nous passons nos vies à chercher le sacré dans les gra...

    Nadine Manson Nadine Manson 08/04/2026
    “La découverte du tombeau vide“. Par Fra Angelico, fresque vers 1437-1446, détail. Musée national San Marco, Florence.

    Blog "Comment vivre ce matin de Pâques?"

    Comme Marie-Madeleine? Comme Simon-Pierre ? Comme Jean? «Marie-Madeleine se rend au tombeau de grand matin. C’était encore les ténèbres…et le tombeau est vide». Dans la Bible, le mot ténèbres désignent d’abord l’absence de vie. Et effectivement la vie n’est plus là, c’est le vide.

    Pete Hegseth, ministre américain de la Défense, a demandé à Dieu de donner à son armée d’exercer «une violence extrême contre ceux qui ne méritent aucune pitié»

    Blog Les prières idolâtres

    Est-ce qu’il suffit de prier pour que Dieu entende et exauce? Non! Il y a même des prières qu’il faut dénoncer comme idolâtres parce qu’elles instrumentalisent Dieu pour justifier le profit et l’accaparement qui écrasent et qui tuent.