Hosni Moubarak sur une civière... C’est couché que l’ancien président égyptien a fait, ce 28 décembre, son entrée au tribunal pour la reprise de son procès. Comment ne pas voir, dans ces dernières images de l’année, le symbole d’un renversement? Le Raïs renversé est déféré devant la justice. Quant au dictateur voisin, Mouammar Kadhafi, il a été tué après une lutte acharnée du peuple libyen. Un troisième despote, Zine el-Abidine Ben Ali, a fui la Tunisie. Trois potentats, trois pays en révolution, trois printemps d’une surprenante année.Mesurons-nous la bouleversement opéré en Afrique du Nord depuis un an? Des peuples se lèvent, prennent leur destin en main, refusent de se plier. Et en Syrie se poursuit, sous nos regards timorés, la révolte contre Bachar al-Assad. Ici, c’est plutôt l’hiver affiché.En refermant l’album de l’année, d’autres images se bousculent: le tsunami et la catastrophe de Fukushima, la mort de ben Laden, la sécheresse du printemps et de l’automne, le sauvetage de l’euro et la Grèce exsangue, l’accession à l’épiscopat de Charles Morerod, etc. La vie va son cours, entre les événements et les péripéties de nos propres existences. Difficile de tout mettre sur le même plan. D’autant que seul le recul historique permet de trier dans le flot de nouvelles. Des tendances se dégagent toutefois: le réchauffement climatique, la montée de la Chine, la financiarisation catastrophique de l’économie, le poids des dettes des pays européens.Et voilà qu’une année va s’ouvrir, pages blanches encore vierges. L’Histoire va y imprimer sa marque, nous le savons, la grande, celle des peuples, et la petite, la nôtre. Mais rien n’est écrit d’avance. Et l’humain possède une faculté de rebondir qui impressionne souvent: en Tunisie, en Egypte, en Libye, mais pas uniquement.AD 2012, Anno Domini 2012, Dieu s’inscrit dans nos vies et le calendrier ne cesse d’égrener la puissance de celui qui s’y est inscrit. Dans la grande comme dans les petites histoires…Bernard Litzler