10«Laisserons-nous à notre table, Un peu d’espace à l’étranger? Trouvera-t-il quand il viendra Un peu de pain et d’amitié?» Michel ScouarnecL’étranger qui est chez nous, n’est-ce pas ce qu’il espère? Mais quand il entend ce discours il n’est pas rassuré. «Il prend nos places de travail; il profite de notre aide sociale; il veut imposer sa culture, sa religion.»Oh! Je sais. Ce n’est pas facile d’accueillir avec gentillesse le sans-papier, les gens du voyage, le demandeur d’emploi qui tend la main à la porte. Ce n’est pas la peur de s’appauvrir. C’est la peur d’être abusé et d’être blessé dans son amour-propre. Quoi qu’on puisse penser du bien-fondé de la demande, il n’en reste pas moins que c’est bel et bien un pauvre qui frappe à la porte.En ce 2ème dimanche de novembre, nos paroisses suisses sont invitées à célébrer la Journée des Peuples, Dimanche des Migrants. Volontiers, nous accueillons nos frères et sœurs des communautés étrangères pour découvrir et célébrer la foi ensemble. Mais il y a aussi la Parole de Dieu qui nous interpelle. Le prophète Elie fuit son pays à cause des menaces du roi Akhab. Arrivé à l’entrée de la ville de Sarepta, il demande de l’eau et du pain à une pauvre veuve. Elle va puiser de l’eau et cuit du pain avec le peu de farine et d’huile qui lui reste. Le Seigneur dit: «Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra.». Le geste de partage de la veuve de Sarepta avec l’étranger devient source de vie.
«Ouvre mes mains, Seigneur, apprends-moi à partager.»Chne Charles Neuhaus