Guzman et Polay prêts à témoigner devant une commission
Pérou: Les leaders du SL et du MRTA innocents de l’attentat du 20 mars, dit Mgr Bambarén
Lima, 29 mars (APIC) Le président de la Conférence épiscopale du Pérou, Mgr Bambarén est convaincu que les leaders du Sentier lumineux et du Tupac Amaru, aujourd’hui emprisonnés, ne sont pas impliqués dans l’attentat à la bombe perpétré à Lima peu avant l’arrivée de George Bush.
L’évêques Luis Bambarén a déclaré, lors d’une émission de la radio péruvienne, avoir rencontré six leaders de guérillas dans une prison de haute sécurité le 20 mars, la nuit de l’attentat. Il considère comme «impossible» qu’ils aient ordonné l’attentat. «Ils ont tourné le dos au terrorisme, a-t-il commenté.
Neuf personnes ont été tuées et une trentaine blessées lors de cet attentat survenu non loin de l’Ambassade des Etats-Unis à Lima. Dans les années 80 et du début des années 90, on estime 30’000 personnes sont mortes dans les affrontements entre les guérillas et les militaires. Selon des statistiques, l’armée porte la responsabilité de plus de 70% des massacres. Le sort de milliers de «disparus» n’est toujours pas connu. A ce jour aucune organisation n’a revendiqué l’attentat mais certains font peser leurs soupçons sur le Sentier lumineux, principal groupe rebelle du pays. Selon un rapport récent du département d’Etat des Etats-Unis, en 2001 le Sentier lumineux a perpétré 103 attaques, causant la mort de 31 personnes.
Avec eux en prison
Mgr Bambarén a rencontré des leaders du Sentier lumineux et du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA), l’autre grand mouvement de guérilla au Pérou. L’évêque se trouvait à la prison suite de son intervention durant la grève de la faim entamée par plus de 600 membres des guérillas détenus à travers le pays, pour obtenir de meilleures conditions d’emprisonnement.
Mgr Bambarén a joué un rôle de médiateur durant cette grève de la faim qui s’est terminée à la mi-mars, et les leaders des mouvements de guérillas lui avaient écrit pour lui proposer une rencontre. S’étant rendu à la prison le 20 mars, l’évêque a rapporté qu’il avait remis à chacun des leaders une bible et que la rencontre s’était terminée aux environs de minuit. De leur coté, les leaders lui ont demandé de leur accorder le pardon pour les attaques perpétrées contre l’Eglise catholique. En effet, pendant la guerre civile, le Sentier Lumineux s’en est parfois pris aux collaborateurs de l’Eglise catholique – aumôniers de l’armée, notamment – et aux évangéliques durant les attaques commises dans les zones rurales.
Avec la commission de réconciliation
«Abimael Guzman du Sentier lumineux et Victor Polay du MRTA rejettent aujourd’hui le terrorisme. Ils disent que la lutte armée était une erreur et une aberration, ce qui me conduit à croire qu’ils ne sont pas impliqués dans l’attentat», a dit l’évêque. «Il est impossible que la mort de neuf innocents soit le résultat d’instructions des mêmes personnes qui me parlaient de leurs nouvelles convictions en fumant une cigarette», a fait remarquer l’évêque, en évoquant sa visite en prison. L’évêques affirme que les leaders reconnaissent aujourd’hui l’autorité de la Commission de vérité et de réconciliation mise en place pour faire la lumière sur les quelque 30’000 morts de ces dernières vingt années. Abimael Guzman et Victor Polay veulent d’ailleurs témoigner devant la Commission, a précisé Mgr Bambarén. (apic/eni/sh/pr)