Au Togo, l'Eglise décrète latolérance zéro contre les abus sexuels  | © Photo d'illustration: Nazarene MissionsInternational / Flickr/ CC BY 2.0
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Abus sexuels: l’archevêque de Lomé décrète la tolérance zéro

Mgr Nicodème Barrigah-Benissan, archevêque de Lomé, au Togo, a décrété la « tolérance zéro »  en matière d’abus sexuel au sein de l’Eglise catholique de son pays, soulignant les conséquences pour la vie des victimes.

Pour prévenir ces abus, la Conférence des évêques du Togo (CET) avait décidé, en mars 2020, de mettre en place un bureau de signalement, dans chacun des sept diocèses. Leur création répond à une demande du pape François, formulée dans son Motu Proprio « Vos estis lux mundi » (« Vous êtes la lumière du monde ») du 7 mai 2019,

Au Togo, les abus sexuels font partie des problèmes liés à la situation instable du pays. Depuis de nombreuses années, le contexte socio-politique et économique entraîne une dégradation des indicateurs sociaux de base: hausse de la mortalité infantile, baisse de la scolarisation, augmentation de l’insécurité, augmentation des enfants travailleurs, a souligné un rapport du Bureau internationale catholique de l’enfance (BICE). Pour lutter contre le phénomène, le parlement a voté, en novembre 2022, une nouvelle loi qui sanctionne les abus sexuels sur mineurs. Elle vise à protéger, particulièrement les apprenants, tels que les élèves et apprentis de métiers. Elle prévoit une peine d’emprisonnement de 1 à 5 ans et une amende allant de 1 à 5 millions FCFA (1’400 à 7’000 CHF), de toute personne reconnue coupable d’avoir mis enceinte une apprenante âgé de 16 ans. Si la victime a moins de 16 ans, la peine est alors doublée.

Dans l’Eglise catholique, les cas d’abus sexuels connus sont rares. Le dernier cas rapporté par les médias remonte à novembre 2020. Il s’agit de celui d’un prêtre non identifié, accusé d’avoir mis enceinte une file de 16 ans.

Selon le site officiel de la présidence du Togo, à l’issue d’une session plénière de la CET, le 7 juillet, Mgr Barrigah-Benissan a déclaré que les abus sexuels dans l’église sont « des actes répréhensibles et scandaleux ». Ils impliquent des actes de violence et d’exploitation commis par des membres du clergé ou des personnes en position d’autorité au sein de l’institution religieuse. « Nous ne voulons pas avoir des cas d’accusations d’abus sexuels, ni dans nos églises, ni dans nos écoles, ni dans nos centres de formation », a-t-il souhaité. Il a averti que  « si cela arrivait, nous n’hésiterions pas à appliquer le protocole de protection des enfants contre les abus sexuels ».

Pour l’archevêque de Lomé, « les abus peuvent causer des dommages physiques, émotionnels et spirituels aux victimes, souvent des enfants, des adolescents ou des adultes vulnérables ». (cath.ch/ibc/mp)

Au Togo, l'Eglise décrète latolérance zéro contre les abus sexuels | © Photo d'illustration: Nazarene MissionsInternational / Flickr/ CC BY 2.0
11 juillet 2023 | 12:03
par Ibrahima Cisse
Temps de lecture : env. 2  min.
Abus sexuels (1319), Togo (39)
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