Bill Perdue et Jessica Shepherd, membres de la paroisse, ont accueilli le pape à l'église du Sacré-Cœur des Premiers Peuples d’Edmonton | © Vatican Media
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Canada: le pape reçu dans un haut lieu d'inculturation du catholicisme

«Depuis ce magnifique autel, nous célébrons la résilience, la force et le savoir de nos aînés», ont témoigné au pape François deux paroissiens de l’église du Sacré-Cœur des Premiers Peuples d’Edmonton, la paroisse autochtone nationale du Canada depuis 1991. 

Elle s’appelle Candida Shepherd, fait partie du conseil paroissial et se présente comme une «fière membre de la nation métisse de l’Alberta». Lui se nomme Bill Perdue, est d’origine métisse et irlandaise, il a été baptisé dans cette église en 1963 et après avoir été un «enfant du quartier». Il s’occupe aujourd’hui des finances de la paroisse. 

Ces deux paroissiens engagés ont été chargés par les leurs d’accueillir le pape François pour son deuxième rendez-vous sur le territoire canadien. Ils ont mis en avant la singularité de leur paroisse où le Christ «est le centre du cercle sacré» qui unit une communauté cosmopolite composée non seulement de ses membres indigènes – Inuits, Premières Nations et Métis – mais aussi des nombreux migrants arrivés depuis sa fondation en 1913, qu’ils soient Italiens, Portugais, Espagnols, Croates ou aujourd’hui Érythréens.

En tant que «paroisse catholique indigène», le Sacré-Cœur est un lieu dévoué au «soin des pauvres et des nécessiteux», expliquent les deux Métis. Ils insistent notamment sur les repas organisés pour les pauvres, les aides aux familles ou encore leur accompagnement du deuil par des veillées funèbres, les prières de délivrance. «Nous sommes pauvres en finance, mais riches en foi catholique et en pratique de la miséricorde», se réjouissent-ils.

L’ombre des pensionnats

«Bon nombre de ces difficultés remontent à l’héritage du système des pensionnats indiens canadiens, y compris ceux gérés par l’Église catholique romaine», estiment les deux paroissiens. Ils remercient le pape d’avoir «entendu [leur] voix» et de les aider à «transcender [leurs] traumatismes». 

«Notre Église est un lieu où les survivants des traumatismes subis dans les pensionnats peuvent venir avec leurs familles», affirment-t-ils fièrement. Pour cela, ils expliquent préserver et revitaliser «les langues, les arts et la musique autochtones» afin «d’insuffler de la fierté» aux générations futures. 

Se disant fiers de leur résilience face à tant de difficultés – notamment deux incendies qui ont demandé de lourds travaux de réparations cette année – les deux autochtones ont expliqué comment le bâtiment avait été pensé comme un tepee, rappelant pour eux la «tente» évoquée dans l’Évangile de Jean – «Il a dressé sa tente parmi nous». (cath.ch/imedia/cd/bh)

Bill Perdue et Jessica Shepherd, membres de la paroisse, ont accueilli le pape à l'église du Sacré-Cœur des Premiers Peuples d’Edmonton | © Vatican Media
26 juillet 2022 | 08:59
par I.MEDIA
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